LE THEATRE DES OPERATIONS

1- BATAILLE DE VITORIA : LES TROUPES FRANCAISES CHASSEES D'ESPAGNE

À la suite de la défaite de Vitoria les troupes françaises se replient dans le plus grand désordre sur leur frontière, en empruntant la mauvaise route de Pampelune, la grande route vers Irun et la France étant sous le contrôle des Alliés. Joseph lui-même s'installe à Saint-Pée-sur-Nivelle, quartier Helbarron, chez un ami Jean Blaise Goyenetche.
                Le bilan de cette bataille est très lourd : 5 000 morts ou blessés côté français, dont le général Sarrut, autant côté alliés. Dans la panique du repli, les troupes françaises abandonnent à l'ennemi 400 canons, plus de 400 caissons et une multitude de voitures de bagages dont celle du roi Joseph, contenant tous ses papiers et son épée, et celle de Jourdan, contenant son bâton de maréchal ! Les coffres contenant l'argent destiné à payer trois mois d'arriéré de solde des troupes françaises sont aussi perdus. L'avidité des troupes alliées, perdant du temps à piller l'immense convoi abandonné, sauve heureusement l'armée française d'un désastre total…
                Mais surtout, la bataille de Vitoria marque la fin de l'occupation de l'Espagne et du Portugal décidée par Napoléon en 1807 pour combattre l'Angleterre en fermant tous les ports d'Europe, par le "Blocus continental".



























Monument commémoratif de la bataille de Vitoria, place de la Vierge Blanche à Vitoria. On voit les troupes françaises, accablées, se replier vers la frontière...

2- PRISE DE FONCTION DE SOULT : CONTRE-ATTAQUES DE SORAUREN ET SAN MARCIAL

Après avoir destitué Joseph, début juillet 1813 Napoléon envoie l'ordre au maréchal Soult, alors à Dresde, de se rendre en Espagne : "Mon cousin, vous partirez aujourd'hui avant 10 heures du soir ; vous voyagerez incognito, en prenant le nom d'un de vos aides de camp. vous arriverez à Paris le 4 où vous descendrez chez le ministre de la Guerre. Vous irez avec lui chez l'archichancelier ( Cambacérès) ; il vous mettra au fait de la dernière situation des choses. Vous ne resterez pas plus de douze heures à Paris ; de là vous continuerez votre route pour aller prendre le commandement de mes armées en Espagne…".  Il lui confère la qualité de lieutenant de l'empereur, avec mission de repousser les Anglais au-delà de l'Èbre et de rétablir les Français en Espagne.

                Dès le 12 juillet le maréchal arrive à Bayonne et, très rapidement, il s'occupe de poursuivre la réorganisation déjà commencée par Jourdan. Les troupes étaient jusqu'alors séparées en armées d'Andalousie, du Centre, du Portugal et du Nord, ce qui présentait de nombreux inconvénients. L'armée française comporte alors dix divisions d'infanterie, dont une de réserve commandée par le général Villatte, deux divisions de cavalerie avec le général Pierre Soult, frère du maréchal, et le général Treilhard, et enfin 86 bouches à feu. "Le maréchal Soult (…) revint prendre le commandement en chef de notre armée, qui fut réorganisée en moins de quinze jours et mise sur un pied plus respectable qu'avant l'affaire de Vitoria (…). Il nous passa en revue et nous annonça que nous prenions le nom d'armée des Pyrénées". Il confie la droite au général Reille, avec les divisions Lamartinière, Maucune et Foy, le centre au général comte d'Erlon, avec les divisions Darricau, Abbé et Darmagnac, et la gauche au général Clauzel avec les divisions Conroux, van der Maësen et Taupin.
                Le maréchal Soult installe son quartier général à Saint-Jean-Pied-de-Port. Son plan est alors de prendre l'offensive pour dégager Pampelune ou Saint-Sébastien où des troupes françaises sont assiégées, et de repousser les Alliés en Espagne... Ce plan est réaliste, à l'époque ; en effet face à Wellington et ses 90 000 hommes, Soult dispose de 70 000 hommes, certes dépités par ce qu'ils ont vécu les six années passées, ayant peu confiance en leurs généraux, et souvent indisciplinés, mais aussi très confiants en eux-mêmes et bien plus aguerris que les Alliés.
                Soult choisit de débloquer par surprise la place de Pampelune, puis de se rabattre éventuellement sur Saint-Sébastien.  Dès le 24 juillet 1813, les troupes françaises se mettent en marche, et pénètrent en Espagne le lendemain : les généraux Reille et Clauzel par Roncevaux à l'est, le comte d'Erlon par le col de Maya à l'ouest ; il y sera retardé par des combats qui lui coûteront 2 000 hommes, et ne pourra rallier le gros de l'armée… Villatte, basé sur la basse Bidassoa, observe la gauche coalisée.
Les deux brigades du général Hill qui tiennent le col de Maya doivent se replier sur Elizondo ; Wellington s'y rend le 26 et s'assure que Hill s'est positionné devant Irurita. Dans la soirée, il apprend qu'à l'est, le général Cole, bien qu'ayant repoussé avec ses 13 000 hommes les 40 000 Français de Reille et Clauzel, s'est replié en direction de Pampelune, de peur d'être pris à revers dans le brouillard. Furieux, Wellington lui envoie la division Picton en renfort, avec ordre de se maintenir à Zubiri ; ils n'y parviennent pas et, démoralisés, poursuivent leur retraite vers Pampelune, poursuivis par les Français. Wellington, suivi de son seul aide de camp Lord Fitzroy Somerset, fonce alors à leur rencontre sur les hauteurs de Sorauren, aux portes de Pampelune. C'est là que les Français tentent pendant deux jours, par des attaques de front, de bousculer les troupes alliées, maintenant galvanisées par la présence de Wellington. Le 30, Soult, ordonne le repli vers la France ; Clauzel en tête, suivi par Reille, ils remontent l'Ulzama. Alors, les Alliés passent à l'offensive, coupant les divisions de queue de la colonne : Lamartinière suit les crêtes et éparpille ses troupes, tandis que Foy rejoint Les Aldudes, et que les divisions Conroux, van der Maësen, Taupin et Maucune, étirées le long de l'Ulzama, sont fusillées par les troupes de Dalhousie. Plus tard, ils rallient la division d'Erlon au-delà d'Ortiz, puis, toujours sous les feux ennemis à Dona Maria et à partir de Sumbilla le long de la Bidassoa, ils poursuivent leur repli. Enfin, épuisée, l'armée française rentre en France, Clauzel par le col d'Echalar, Reille par Saint-Jean-Pied-de-Port et d'Erlon par le col de Maya, pour rallier finalement Sare le 2 août, sous les orages.
                Au cours de cette inutile contre-attaque, les Français ont perdu plus de 12 000 des leurs, les Alliés 7 000.
               

                À cette époque, le maréchal Soult voit toujours le salut dans l'offensive : " Il faut à tout prix se porter incessamment au-delà des Pyrénées pour empêcher les armées ennemies de s'accroître d'une manière effrayante comme elles le font". De plus, touchée par  l'héroïsme de la garnison de Saint-Sébastien qui soutient toujours le siège des Alliés, l'armée française repasse la Bidassoa fin août pour attaquer les hauteurs de San Marcial. Les mouvements préparatifs des troupes françaises ont commencé dès le 29 août, mais Wellington, bien renseigné, a fait renforcer ses défenses le 30 et le 31.
                L'armée française avance sur deux colonnes : l'une, commandée par le général Reille, comprenant les divisions Lamartinière et Maucune et la réserve Villatte, passe la Bidassoa aux gués de Biriatou où un pont de chevalets et un pont de bateaux ont été jetés ; Foy assure un soutien lointain. Reille a l'ordre de s'emparer des hauteurs de San Marcial et de pousser sur Oyarzun. L'autre colonne, sous les ordres de Clauzel, constituée des divisions Taupin, van der Maësen et Darmagnac avec Maransin en soutien, franchit la Bidassoa aux gués de Vera et de Lesaca. Le général d'Erlon reste en couverture avec la division Conroux sur les hauteurs de la Rhune et de Sainte-Barbe, et avec la division Abbé au sud d'Ainhoa, à Urdax.
                À la suite de durs combats sur un terrain très difficile, les troupes françaises gravissent les pentes du San Marcial, s'emparant même de l'ermitage, mais, trop isolées doivent se replier à nouveau. Le 1er septembre, la Bidassoa,  grossie par l'effet conjugué des orages et de la marée, étant impraticable, le général van der Maësen entreprend  d'enlever le pont San Miguel à Vera pour assurer le repli des troupes ; c'est fait au prix de lourdes pertes : plus de deux cents hommes sont perdus, van der Maësen étant lui-même tué.
                Le bilan global de cette offensive est très lourd : les Français ont perdu plus de 3 000 hommes dont deux généraux tués et trois blessés. Côté Alliés, les pertes s'élèvent à 2 600 hommes.

                Le 9 septembre, à midi, après une défense héroïque, la garnison de Saint-Sébastien, commandée par le général Louis-Emmanuel Rey, succombe, ouvrant aux armées alliées un nouveau port de ravitaillement et rendant disponibles les forces de Graham jusqu'alors bloquées sur ce siège.
Début septembre, Wellington apprend que l'armistice a été rompu, et que l'Autriche est entrée en guerre contre Napoléon ; maintenant, seule la résistance de la garnison de Pampelune l'empêche de décider l'invasion  de la France...

De son côté, Soult espère toujours réaliser une offensive avec l'aide du maréchal Suchet, général en chef des armées d'Aragon ; les différents projets sont tous jugés irréalisables et finalement, le 7 octobre c'est Wellington qui surprend une première fois Soult à Hendaye, l'obligeant à lui céder une partie du territoire français !








Illustration ci-dessus :
Pont San Miguel à Vera de Bidassoa . Une plaque rappelle les combats de septembre 1813 :
"A la gloire de Dieu, et à la mémoire du capitaine Daniel Cadoux et de ses braves du 2nd Bataillon du 95ème, qui, le 1er septembre 1813 tombèrent dans la gloire, en défendant ce pont contre les attaques féroces d'une division française. Sa renommée ne mourra jamais. Sir Harry Smith".






3- BATAILLE DE LA BIDASSOA DU 07 OCTOBRE 1813 : TÊTE DE PONT ALLIEE A HENDAYE

(...) À l'issue de ces combats d'octobre, les pertes françaises sont de 1 600 hommes et celles des Alliés de 2 000 environ ; mais, surtout, les Alliés ont ainsi solidement pris pied sur le territoire français.

Les causes du recul de Soult peuvent être analysées ainsi : on l'a vu au début de ce chapitre, les Français étaient sur une ligne de défense très étendue, de près de 40 kilomètres de long, sans aucune profondeur. Ainsi, ne disposant pas d'une zone d'alerte suffisante, ils sont surpris et ne peuvent être soutenus par leurs réserves positionnées à 5 ou 6 heures de marche… Face à une attaque de 44 000 hommes, 20 000 Français restent ainsi totalement inactifs !
De plus, le moral des troupes françaises est alors au plus bas ; la confiance du maréchal Soult lui-même est sérieusement ébranlée : "le commandement ne m'a jamais paru plus difficile que dans les circonstances où je me trouve ; et je désire vivement que l'Empereur daigne confier celui dont je suis revêtu à des mains plus habiles que les miennes…".
Il est vrai qu'à cette époque tout concourt à casser le moral des Français : d'abord, comme nous venons de le voir, l'armée de Wellington a mis un pied sur notre territoire. Ensuite, la nouvelle du désastre des armées impériales à Leipzig les 16, 18 et 19 octobre frappe l'armée des Pyrénées, qui fondait jusque là de grands espoirs en elles… De plus, il y a de longs retards, parfois de plus de deux ans, dans le paiement de la solde des troupes. Enfin, le 31 octobre 1813, après quatre mois de siège, Pampelune ouvre ses portes aux troupes alliées.

Dorénavant, Wellington n'a plus de raison de s'arrêter à la frontière !

4- BATAILLE DE LA NIVELLE DES 10 ET 11 NOVEMBRE 1813 : L'INVASION

Soult prend également le parti de ne plus prendre, désormais, le moindre risque : "…Par un mouvement inconsidéré, je puis perdre une partie de l'armée et rendre inévitable l'invasion des départements méridionaux : le mal serait extrême. Je dois donc manœuvrer de façon à éviter des conséquences fâcheuses…". Cette stratégie choisie par Soult, et plus tard confortée par Napoléon, constitue la meilleure explication de ses futures manœuvres, souvent critiquées.


L'aile droite du général Reille, avec les divisions Maucune et Boyer et la réserve de Villatte, renforce les ouvrages d'Urrugne, Urtubie, Bordagain, Socoa et Saint-Jean-de-Luz. Reille dispose de près de 20 000 hommes.
Au centre, le général Clauzel occupe toujours la crête fortifiée d'Alchangue et les redoutes de Koralhandia, Santa-Barbara et Grenada. En arrière, il organise les camps de Serrès, Ascain, Amotz et Sare. Il est à la tête des divisions Taupin, Conroux, Maransin et Darricau - cette dernière détachée de d'Erlon - soit plus de 21 000 hommes.
Le général d'Erlon, à gauche, conserve ses positions, tout en les renforçant : est d'Amotz, Ainhoa et Mundarrain. Il dispose des divisions Abbé et Darmagnac, soit 11 000 hommes.
Une deuxième ligne de défense est confiée à deux bataillons de gardes nationaux des Landes, sous les ordres du colonel Lalanne. Elle s'appuie sur les hauteurs fortifiées de la rive droite de la Nivelle, de Serrès à Saint-Pée puis Souraïde.
Enfin, une troisième ligne de défense commence à s'organiser de Bidart à Ustaritz, par Habantzen.
Plus loin, le général Pâris défend Saint-Jean-Pied-de-Port et le général Foy, basé à Bidarray, surveille les vallées de Baïgorry et du Baztan, tout en étant à la disposition du général d'Erlon (3). La 1ère division de cavalerie du général Pierre Soult est sur la rive droite de la Nive, près de Cambo.

Wellington, quant à lui, dispose d'une armée de plus de 90 000 hommes, qu'il forme en trois corps. Ses succès lui permettent, maintenant, de se positionner de façon offensive.
À droite du dispositif allié, le général Hill, occupe le secteur de Roncevaux au Baztan. Il est à la tête de 26 000 hommes : les divisions Stewart, Clinton et Hamilton, épaulées par les divisions espagnoles de Morillo et Mina, et une brigade de cavalerie légère.
William Beresford et le corps du centre fort de 45 000 hommes sont stationnés dans le Baztan, la Rhune et le Mandale. Ils réunissent les divisions Colville, Cole, Le Cor, Alten, les Espagnols de Longa, Giron et Freyre, ainsi qu'une brigade de cavalerie.
À gauche, le général Hope va jusqu'à la mer, par la Croix-des-Bouquets. Il dispose des divisions Howard et Hay, trois brigades d'infanterie, une de dragons, et la grosse cavalerie allemande, soit un total de 19 000 hommes.
Le 10 novembre au matin, trois coups de canon donnent le signal de l'attaque : "À l'aube, cinq ou six coups de canon furent tirés au hasard des plaines situées au bord de la mer, puis, le silence sembla s'approfondir ; sans bruit, armes chargées, munitions réparties, couleurs déployées, les Alliés attendaient le lever du soleil, quand trois coups de canon tirés du sommet du mont Atxuria annonçaient la bataille imminente (…) Des collines jusqu'alors silencieuses, les Français de Soult virent avec étonnement les Alliés se ruer vers le bas pour attaquer" (5) ; aussitôt, 40 000 Alliés, soit 8 divisions, s'élancent sur le centre. Alten, positionné au nord de la Rhune, enlève, dès 6 heures du matin, la crête d'Alchangue défendue par les troupes du général Maransin, et s'établit sur les plateaux au-delà…
À sa droite, les généraux Cole et Le Cor chassent les troupes du général Conroux des redoutes de Santa-Barbara et Grenada.
Pendant ce temps, la droite française de Reille est fixée par de vives attaques du général Hope ; appuyé par les canons de la flotte anglaise, celui-ci attaque Boyer et Maucune aux camps de Bordagain et d'Urtubie, et la réserve de Villatte au camp sud de Saint-Jean-de-Luz. Attendant toujours l'attaque principale de ce côté-ci, le maréchal Soult est resté éloigné du champ de bataille principal !
Simultanément, la gauche française du général d'Erlon subit également une attaque alliée. Hill porte les avant-gardes de Stewart, Hamilton et Clinton sur la première brigade de Darmagnac à Urdax et Ponçogaray, rive gauche de la Nivelle, et à Ainhoa, rive droite ; Clinton en tête, ils prennent la direction du pont d'Amotz. Plus à l'ouest, Mina et Morillo contiennent la division Abbé.

À 14 heures, le gros des troupes françaises du centre et de gauche, a battu en retraite : les divisions Conroux, Maransin, Taupin puis Darmagnac se rallient sur les hauteurs d'Habancen et immédiatement au-dessus de Saint-Pée. La division Abbé, dont la brigade Boivin a bravement contenu 10 000 ennemis, et dont la brigade Maucomble n'a pas eu à tirer un seul coup de feu, se retire sur Cambo, position importante pour la défense du passage de la Nive. Les Alliés arrivent alors à Saint-Pée.
Darricau, positionné pendant l'action à Ascain et Serrès, s'est replié sur Ahetze. Les troupes de Freyre et Longa prennent alors possession d'Ascain, qu'elles pillent dans la nuit du 10 au 11 novembre (13).
En fin de journée, après un rude combat, les Alliés établissent trois divisions sur la rive droite de la Nivelle, à Saint-Pée.

Le maréchal Soult réalise alors le danger de voir son armée coupée en deux, sans retraite possible pour l'aile droite… ; dans la nuit du 10 au 11, il ordonne le repli de l'aile droite.  Puis, par différents mouvements de troupes les 11 et 12 novembre, il fixe son armée en appui sur Bayonne, tout en défendant la Nive. Il occupe ainsi les hauteurs au sud de Biarritz et d'Anglet, la gauche appuyée sur la place de Bayonne ; il dispose la réserve sur le plateau de Beyris et tient la rive droite de la Nive jusqu'à Cambo, où il fait établir une tête de pont, rive gauche. Les deux ponts d'Ustaritz avaient été préalablement détruits.


Le bilan de la bataille de la Nivelle est très lourd pour les Français ; les pertes s'élèvent à 174 officiers et 4 200 hommes, dont plus de 1 200 prisonniers. De plus, 51 pièces d'artillerie, les canons de marine de défense de Saint-Jean-de-Luz et les magasins d'Espelette et de Saint-Jean-de-Luz sont aux mains des Alliés. Enfin, le sol français est envahi, nos troupes ayant reculé de plus de 10 kilomètres, se calant maintenant sur la ligne de la Nive.
Côté Alliés, les pertes semblent plus faibles : 174 officiers et 2 520 hommes, hors pertes espagnoles restées inconnues. Par ailleurs, pour la première fois dans une action générale, l'artillerie anglaise a fait usage de shrapnells.
Ensuite, il y a eu des erreurs de commandement ; nous rappellerons seulement l'appréciation erronée de Soult quant à la zone d'intervention alliée, et l'attaque malvenue du général Foy sur le Gorospil…
Enfin, il est parfois reproché à nos troupes un manque de bravoure : certes, mais rappelons que Napoléon ponctionnait l'armée de Soult de troupes aguerries pour la Grande Armée, alors que de jeunes recrues découvraient le feu lors de la bataille de Nivelle !

5- BATAILLES DE LA NIVE ET DE SAINT-PIERRE-D'IRUBE DU 9 AU 13 DECEMBRE 1813

"(…) L'ennemi a une telle supériorité de forces qu'il ne m'est plus possible d'occuper des positions aussi étendues que celles que j'avais et que je gardais pour couvrir le pays. Aussi je vais me réunir et manœuvrer désormais en armée, tenant les troupes rassemblées et constamment sous mes yeux (…)".
Ainsi lors de son repli consécutif à la bataille de la Nivelle, Soult, ayant établi le grand quartier général à Bayonne, prend-il la décision de regrouper ses forces ; il les dispose en prenant appui sur la place de Bayonne : "(…) je dois la considérer comme la place d'armes de l'armée et y prendre effectivement mon appui, me tenant en mesure d'attaquer le flanc de l'ennemi, s'il entreprend de passer la Nive (…)".

À cette époque, l'armée de Soult vit une période très difficile : mal nourrie, mal payée, elle se conduit en France comme dans les pays autrefois conquis ; maraudage et pillage lui attirent l'hostilité des populations, alors que les désertions se multiplient… Pour limiter ses besoins d'intendance, Soult décide de renvoyer vers l'arrière une grande partie de l'artillerie et de la cavalerie.

De son côté, Wellington est toujours très prudent : gêné par le mauvais temps, craignant un piège, il n'a pas profité de sa victoire sur la Nivelle pour poursuivre les Français dans leurs replis successifs. "La pluie a commencé le 11 ; elle a continué sans interruption jusqu'au 19 et laissé les chemins dans un état tel que tout mouvement est impossible".

Mais, un matin, les choses s'accélèrent : "Le 9 décembre un feu soudain s'allumant sur les hauteurs de Cambo, donna le signal de l'action, et le colonel John Cameron se jeta lui-même dans la rivière à la tête du 92ème highlanders, de la division Hill".
L'attaque est lancée en deux points principaux sur la Nive à Cambo et à Ustaritz, tandis qu'entre la mer et la Nive une attaque de diversion doit fixer la droite française.
Le 9 au soir, les pertes s'élèvent à 800 hommes de chaque côté.
Le maréchal Soult réalise alors l'inconfort des troupes de Wellington, divisées sur les deux rives de la Nive ; il projette de lancer une contre-attaque sur les troupes alliées restées sur la rive gauche, pour reconquérir le plateau d'Arcangues, et de là, manœuvrer pour battre un ennemi divisé…
Dans la nuit, le général d'Erlon fait franchir la Nive à ses quatre divisions par le pont de bateaux entre Mousserolles et Marracq. Au lever du jour, alors que le temps s'éclaircit, Clauzel se lance sur Bassussarry, s'empare du pont d'Urdains, repoussant la division Alten sur Arcangues. La division Darmagnac vient l'épauler, tandis qu'à droite Reille lance les divisions Boyer et Leval sur Anglet. Toute la journée, les contre-attaques se succèdent, chaque camp envoyant des renforts sur le champ de bataille : successivement, les divisions Hay, Howard, Foy, Cole, Villatte, Darricau, Abbé, Colville, Clinton et enfin Walker s'engagent, dans la confusion générale sur les secteurs de Brindos, Barroilhet, Arcangues, Bidart et Bassussarry, sur un terrain détrempé, mouvementé et coupé de haies. Le général Villatte est blessé, tandis que le général Hope, surpris dans Barroilhet par une offensive française ne peut que s'enfuir par une fenêtre, alors que trois balles traversent son chapeau et que son cheval est tué !
Le 10 décembre au soir, le bilan de la journée est mitigé : Soult a perdu 2 000 hommes, alors que les pertes alliées s'élèvent à 1 500 hommes environ, mais, Wellington a dû replier la plupart des troupes qu'il avait positionnées sur la rive droite de la Nive ; désormais, il se prépare à une nouvelle attaque française sur Hill, isolé dans ce secteur.
Les journées des 11 et 12 décembre voient encore des affrontements entre les deux armées, sur la rive gauche de la Nive, sans effet sur leurs positions respectives ; les pertes s'élèvent à 1 000 hommes environ de part et d'autre.

Le maréchal Soult, voyant que Wellington a renforcé sa gauche, s'attend à une attaque alliée dans ce secteur. Il décide alors de n'y laisser que quatre divisions appuyées sur la place de Bayonne et d'aller écraser Hill, toujours isolé sur la rive droite… Dans la soirée du 12, il dispose donc ses forces en conséquence.
Les quatre divisions du général d'Erlon passent le pont de bateaux de Marracq et se positionnent sur le plateau de Saint-Pierre-d'Irube.
Reille place la division Boyer sur Beyris, prête à passer la Nive, au besoin. La division Leval est positionnée en avant de Beyris, libre d'occuper les hauteurs de Parme et d'Anglet, autant que possible.
Clauzel a en charge la défense du front du camp de Marracq, avec la division Maransin dans le camp même de Marracq, et la division Taupin, en avant, contrôlant les débouchés de Bassussarry et Ustaritz.

À la vue des mouvements des troupes françaises, Wellington envoie des troupes pour venir en aide à Hill, à la tête des divisions Stewart et Le Cor, maintenant établi sur les hauteurs de Villefranque. La Nive, grossie par les pluies, emporte le pont qu'il avait fait jeter au niveau d'Arraunts, au sud de Villefranque, ce qui lui complique sérieusement la tâche… Aussi, dès le lever du jour, le 13 décembre, la division Clinton marche alors vers Hill en passant par le pont d'Ustaritz, faisant ainsi un détour de 11 kilomètres, ce qui la fera arriver à midi et demi ! Wellington lui-même, à la tête de la division Cole et de deux brigades de la 3ème division, n'arrivera par le pont de Villefranque, rétabli en fin de matinée, qu'à une heure et demie.
Hill doit donc affronter les 24 000 Français des quatre divisions du général d'Erlon avec les seules divisions Stewart et Le Cor, fortes de 13 000 hommes
En début d'après-midi, alors que sa situation est des plus préoccupantes, Hill prend une décision qui le sauvera : depuis les hauteurs d'Horlopo, il lance la division Le Cor au secours de Barnes et de Ashworth, au centre, à l'ouest de Marichury et en appui de Byng à droite, à Vieux-Mouguerre, se privant désormais de toute troupe de réserve ! Alors que cette contre-attaque bouscule les troupes françaises, les renforts alliés arrivent : la division Clinton d'abord, qui permet à Pringle, sur la gauche, de reprendre l'offensive sur les hauteurs de Larralde, puis Wellington à la tête des troupes des 3ème et 4ème divisions.

Les pertes de cette bataille de Saint-Pierre-d'Irube sont très lourdes : près de 3 000 hommes de chaque côté, ce qui porte le bilan de ces cinq journées de combat autour de Bayonne à 6 000 hommes, dont plus de 500 morts, côté français, pour une perte de 5 500 hommes, côté Allié.

L'analyse de ces combats de fin décembre 1813 est très mitigée : certes, le maréchal Soult a bien analysé, à deux reprises d'ailleurs, l'inconfort des positions alliées, et sa contre-attaque du 10 décembre a été très bien menée… Par contre, son attaque contre Hill le 13 décembre est considérée comme maladroite : alors que les éléments naturels lui sont favorables en emportant le pont d'Arraunts, isolant ainsi Hill, il attaque simultanément en trois points distants de sept kilomètres. Il semble qu'une forte attaque sur le centre allié aurait été beaucoup plus efficace. Napoléon, d'ailleurs, jugea sévèrement cette journée : " ( …) je ne suis pas satisfait de ses dispositions ; il a divisé ses troupes au lieu de les réunir ; il va chercher tous les points où l'ennemi a des forces, au lieu de frapper au cœur …




Monument de la Croix de Mouguerre, élevé en 1917 au-dessus du champ de bataille de Saint-Pierre-d'Irube, à la mémoire des soldats de l'Armée des Pyrénées. 
Le théâtre des opérations

6- COMBATS SUR LA JOYEUSE, LA BIDOUZE ET LE SAISON : LE REPLI FRANCAIS

    
Début février, le temps s'améliorant, Wellington met en œuvre son plan d'attaque consistant à écarter l'armée de campagne de Soult de Bayonne en l'attaquant le plus à l'est possible, ensuite, à assiéger Bayonne et enfin, à avoir la maîtrise de l'Adour, ligne de communication indispensable dès qu'on s'éloigne de la mer.
Ainsi, pendant cinq jours, Wellington va lancer de nombreux engagements sur la gauche française, où les troupes du général Harispe, très sollicitées, se mettront en valeur à plusieurs reprises.
Le 14 février, Hill lance 24 000 hommes sur trois colonnes : deux depuis Urcuray sur Bonloc et Hélette, tenu par Harispe, la troisième depuis Louhossoa sur Harispe également. Ce dernier ne disposant que de 4 000 hommes, se replie en combattant sur les hauteurs de Méharin, où il passe la nuit.
Le 15, en soirée, Harispe prend position à Garris, où il est rejoint par la brigade Pâris et par la brigade de cavalerie Berton, de la division Pierre Soult. Là, au sud de la localité, à la Motte-de-Garris, Hill lance ses 28ème et 39ème régiments contre Harispe, dont les jeunes conscrits, bien que culbutés, reviennent à la charge et se battent à la baïonnette ! Devant les renforts alliés de Le Cor, Stewart et Morillo, Harispe doit ordonner le repli vers Saint-Palais, derrière la Bidouze, après avoir détruit les ponts ; il déplore la perte de 500 hommes, dont 200 prisonniers. Le 16, il prend position à Rivareyte, sur la rive droite du Saison.
Plus au nord, la division Villatte reçoit une attaque de la division Picton ; sachant qu'Harispe s'est retiré, le général Clauzel replie alors Villatte et Taupin derrière la Bidouze, conformément aux ordres reçus.
Le maréchal Soult, ayant maintenant compris que le marquis de Wellington cherche à déborder sa gauche, sait déjà qu'il devra abandonner la Bidouze et le Saison, peu défendables, et se replier sur le gave d'Oloron. Ainsi, d'Erlon reçoit-il l'ordre de se retirer : la division Darmagnac passe l'Adour à Port-de-Lanne et s'établit rive droite du gave de Pau, la division Foy passe la Bidouze dans la nuit du 15 au 16 et se positionne en avant d'Hastingues et de Peyrehorade. Seule la division Rouget reste encore rive droite de l'Adour.

Le 23 février, alors que chacun a profité des quelques jours de trêve pour peaufiner ses plans, les Alliés relancent leur avancée. C'est le général Foy qui reçoit la première attaque des troupes de Beresford.
Le 24, Wellington lance son attaque sur un front de 50 kilomètres : Clinton à Montfort et à Laas, un bataillon de la division Stewart à Barraute, les divisions Le Cor, Alten et Stewart, épaulées par trois batteries et quatre régiments de cavalerie à Gestas et à Nabas, Morillo à Navarrenx, Picton, renforcé par une brigade de hussards et par de l'artillerie, à Sauveterre par Osserain et Rivareyte, la brigade de cavalerie légère de Vivian en aval de Sauveterre.

Devant l'ampleur de cette attaque et la supériorité numérique des Alliés, et face à un climat sec persistant qui rend les gaves d'Oloron et de Pau facilement franchissables à gué, le maréchal Soult prend la décision de se replier, et envoie l'ordre aux généraux Clauzel et d'Erlon de faire mouvement vers Orthez, " …où j'attendrai que l'ennemi vienne m'attaquer, ou qu'il me fournisse l'occasion d'aller à lui…"










Les chapitres suivants :
  • Bataille d'Orthez du 27 février 1814 : la réaction de SOULT (excellement traité sur un site dédié à cette bataille, voir lien sur notre page "liens"),
  • Combat d'Aire, soumission de Bordeaux et mouvements vers Toulouse,
  • Bataille de Toulouse du 10 avril 1814,

ne sont pas actuellement traités dans notre site ; ils le seront lors d'une prochaine mise à jour...


Le théâtre des opérations

7- CONCLUSION

Dans la citadelle de Bayonne, le général Thouvenot, ignorant le volume des forces, et, souhaitant détruire les positions trop proches, à son goût, de la ville et de la citadelle, élabore alors un plan de sortie ; elle aura lieu le 14 avril.
À deux heures et demie du matin, le général Abbé conduit une attaque de diversion dirigée sur Anglet. Pendant ce temps, le général Maucomble lance au nord plus de 3 000 hommes sur trois colonnes : à droite, le commandant de Lassalle s'empare à la baïonnette de l'église Saint-Étienne, d'où il chasse les Alliés, tuant même le général Hay. Se repliant par la route de Bordeaux, il est pris de flanc par des troupes portugaises et est lui-même tué.
À l'arrière de ces trois colonnes, les troupes du génie du capitaine Jarry détruisent les palissades et les retranchements ennemis, et mettent le feu aux maisons qui jusque là protégeaient les Alliés en masquant leur vue aux Français.
Alors que les troupes du commandant Vivien ont rejoint la colonne centrale au droit du cimetière israélite, et que les Alliés récupèrent de leur surprise et lancent une contre-attaque, le général Thouvenot ordonne la retraite qui sera achevée à 8 heures.

Lorsque le jour se lève, l'état du champ de bataille témoigne de la violence des combats : tout est brûlé et dévasté, le sol, en particulier rue de Saint-Étienne, est jonché de cadavres et de membres mutilés.
Le bilan de cette sortie, effectuée rappelons-le, huit jours après l'abdication sans condition de Napoléon, est très lourd : les Français ont perdu 900 des leurs, dont 110 morts, tandis que les Alliés déplorent 600 morts et blessés et 200 prisonniers.
La journée du 15 avril est employée à enterrer les morts des deux camps. Les jours suivants, les bruits relatifs à la chute de Paris arrivent à Bayonne… Aussi, "Il a été convenu ce soir (le 17 avril), entre notre gouverneur et le général en chef anglais, qu'à compter de demain matin jusqu'au 25 du dit, on ne tirera plus d'un côté ni d'autre, parce que l'on présume que d'ici à cette époque nous recevrons des dépêches du nouveau gouvernement ou que nous saurons à quoi nous en tenir sur la position du restant de l'Empire, ainsi que sur le compte de S. M. l'Empereur Napoléon".

Le général Thouvenot, chargé par lettres patentes de l'empereur de la défense de Bayonne, s'en montre particulièrement digne ! Très tenace, et malgré diverses confirmations de la situation à Paris, il ne consent à signer une suspension d'armes avec le général Colville, remplaçant le général Hope à la tête des troupes alliées, que le 27 avril et la convention levant le blocus n'intervient que le 5 mai 1814.


Sur le front principal, après la bataille de Toulouse, à Castelnaudary, pendant les quatre jours qui ont suivi l'arrivée des émissaires de Saint-Simon et Cooke, le doute demeure dans les têtes de Soult et de Suchet, malgré les échanges qu'ils ont entre eux ; Soult ayant demandé une confirmation écrite du ministre de la Guerre, l'ordre de mettre fin aux combats, signé du maréchal Berthier, major général des armées, arrive enfin le 18 avril. Le jour même, l'armistice est alors signé entre le général Gazan de La Peyrière, chef d'état-major général de l'armée française, et le général Murray, chef d'état-major de l'armée alliée ; la cérémonie se tient au seuil de Naurouze, dans la maison de l'ingénieur du canal du Midi. Le lendemain, 19 avril, le maréchal Soult proclame son adhésion et celle de ses troupes au nouveau gouvernement :
"La nation ayant manifesté son vœu pour la déchéance de l'empereur Napoléon, et le rétablissement de Louis XVIII au trône de ses anciens rois, l'armée, essentiellement obéissante et nationale, doit se conformer au vœu de la nation.
                Ainsi, au nom de l'armée, je déclare que j'adhère aux actes du sénat-conservateur et du gouvernement provisoire, relatifs au rétablissement de Louis XVIII au trône de Saint-Louis et de Henri IV, et que nous jurons fidélité à Sa Majesté.
                Au quartier-général, à Castelnaudary, le 19 avril 1814
                                                                LE MARECHAL DUC DE DALMATIE."
                Cet acte d'adhésion est ensuite communiqué aux garnisons de Saint-Jean-Pied-de-Port, Navarrenx, Lourdes, Venasque et, bien sûr, Bayonne, le 22 avril, soit huit jours après la glorieuse mais inutile sortie…

                Le 1er mai, Soult se retire dans son village natal, à Saint-Amans, après avoir remis son armée au maréchal Suchet, commandant en chef des armées d'Espagne et de Catalogne, désormais réunies en une armée du Midi.
                De leur côté, les Alliés, après avoir occupé la région pendant plus de deux mois, l'évacuent par le Gers, selon un axe Toulouse - Lectoure - Condom. Là, ils  se séparent ; sous les vivats des Espagnols et des Portugais qui regagnent leurs pays, l'infanterie anglaise se dirige vers Casteljaloux, Bazas et Bordeaux où elle embarque pour l'Angleterre et ses colonies, tandis que la cavalerie rejoint l'Angleterre par Boulogne.

                Ainsi se termine cet épisode peu connu mais combien glorieux des guerres du 1er Empire, qui vit s'affronter deux armées et deux chefs de guerre, Soult et Wellington, qui se retrouveront quelques mois plus tard, un certain 18 juin 1815, pour une bataille beaucoup plus célèbre, à Waterloo.


Illustration : les Adieux de Napoléon à sa Garde, à Fontainebleau le 20 avril 1814. Napoléon avait abdiqué sans conditions le 6 avril, alors que la bataille de Toulouse s'est tenue le 10 avril et la sortie de Bayonne le 14... Difficultés de communication de l'époque oblige !
Le théâtre des opérations

DES SNIPPERS AVANT L'HEURE...

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Au cours de cette campagne, l'armée française a perdu 5 généraux et 13 colonels... Celà, du fait que les anglais disposaient de tireurs d'élite, les Riflemen, qui visaient volontairement les officiers supérieurs et généraux, facilement repérables à leur tenue et à leur position à l'avant des troupes !

MUSEE DES ARMES A VITORIA

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Dans ce musée, le visiteur peut voir des reconstitutions de la bataille de Vitoria lors de ses différentes phases, mais aussi les prises faites lors de cette bataille, dont par exemple ce shako avec plaque intermédiaire entre modèles règlementaires 1810 et 1812..


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